Voici l'histoire de Naboth de Jizreel.
Écoute-la attentivement, puis seulement après, lis ce qui suit.
Après avoir écouté cette histoire — que tu peux lire en 1 Rois 21.1-16 — tu te demandes probablement pourquoi le titre parle de victoire.
Alors, prends le temps de lire cet article. Dieu veut te surprendre.
Le contexte
L'histoire se passe en Israël.
Achab est roi. Mais son cœur est éloigné de Dieu. Son règne est profondément marqué par l'idolâtrie.
Sa femme, Jézabel, est une princesse sidonienne . Son cœur est rempli de mauvaise ambition. Sa dévotion va aux Baals et aux Astartés : des dieux étrangers. D'ailleurs, Jézabel signifie "Baal est l'époux". En la prenant pour femme, Achab ouvre largement la porte à l'idolâtrie dans son royaume.
Ensemble, ils entraînent le peuple à pécher.
À côté de leur palais habite Naboth.
Cet homme craint Dieu et respecte l'héritage terrestre reçu de ses parents, de la part de l'Éternel.
Il cultive son champ : une vigne dont il prend soin fidèlement et patiemment.
Naboth de Jizreel
Naboth signifie "Fruits".
Jizreel signifie "Semé par Dieu".
Naboth représente le croyant vivant au milieu d'une génération impie, au cœur d'un pays dont la justice est corrompue et la religion au service de ses propres intérêts.
Sa vigne — son œuvre, son fruit spirituel — dérange. On veut y planter autre chose. Quelque chose qui peut paraître bien de prime abord. Après tout, un potager, c'est utile.
Mais Naboth voit plus loin que les apparences et que son propre intérêt.
Il considère son champ comme le signe de son appartenance au peuple de Dieu. Et aussi comme une responsabilité envers les générations précédentes, comme un devoir de transmission aux générations suivantes.
Pour lui, sa vigne est un dépôt sacré qu'il garde précieusement.
C'est pourquoi, accepter la proposition du roi reviendrait à renoncer à une responsabilité spirituelle.
Or, il ne cède pas devant la pression royale.
Il ne se laisse pas impressionner par un homme, aussi haut placé soit-il.
Naboth reste fidèle à la place et la responsabilité que Dieu lui a attribuées.
Sais-tu quel est le champ que Dieu t'a attribué ?
As-tu conscience de ce trésor que Dieu a déposé en toi pour le faire fructifier ?
Achab
Achab est roi. Il règne là où vit Naboth.
Il représente l'autorité.
Achab signifie "Un frère du père".
J'y vois quelque chose de subtil, de pernicieux. Comme une volonté de se faire passer pour qui il n'est pas.
Au départ, Achab fait à Naboth une proposition qui peut paraître tout à fait acceptable. Après tout, ce champ servirait à nourrir de nombreuses personnes puisqu'il veut le transformer en potager. Et la contrepartie financière ou foncière proposée semble correcte, peut-être même alléchante.
Achab fait miroiter "autre chose" à Naboth. Il lui propose de l'argent ou une autre vigne. Il cherche à détourner son cœur de son héritage pour quelque chose qu'il présente comme nouveau, beau et meilleur.
Qui, par sa position de leader, de responsable, d'autorité au-dessus de toi,
ou encore par sa proximité familiale ou religieuse,
cherche à te détourner du champ qui t'a été confié ?
Jésus a dit :
"Ne tremblez donc pas devant ceux qui peuvent tuer le corps, mais qui n'ont pas le pouvoir de faire mourir l'âme (...)
On vend bien une paire de moineaux pour quelques centimes, n'est-ce pas ? Et pourtant, pas un seul d'entre eux ne tombe à terre à l'insu de votre Père et sans qu'il le permette.
Quant à vous, sachez que même les cheveux de votre tête sont comptés.
N'ayez donc aucune crainte : vous avez bien plus de valeur que toute une volée de moineaux." *
Assassin et voleur
Avec l'aide de sa femme Jézabel, Achab fait tuer Naboth et s'approprie son champ.
Utilisant leur pouvoir et leur sphère d'influence, ils manipulent la justice, l'administration et les responsables religieux.
Comment ne pas penser à l'œuvre de notre adversaire, le diable ?
Jésus dit que celui-ci ne vient que pour voler, égorger et détruire. *
Et sous une apparence de piété (la proclamation d'un jeûne), Naboth est accusé à tort, traîné hors de la ville et tué...
un peu comme ce qui est arrivé à Jésus.
La folie de la croix
Jésus aussi, demeurant ferme dans son identité de Fils de Dieu, a été accusé injustement, traîné dehors, humilié, frappé, injurié puis mis à mort comme un criminel.
À ce stade de l'histoire, ses disciples, qui avaient vu en lui le Messie, ne comprenaient plus. À leurs yeux, cette mort était un échec, une défaite, une fin malheureuse.
Pourtant, en réalité, nous le savons maintenant, cette mort était une grande victoire.
Elle signait la victoire de Jésus sur le péché et sur les puissances démoniaques.
Elle signait la nouvelle alliance que Dieu établissait avec les hommes par le moyen du sang de Jésus.
La mort n'a pas été le point final de la vie de Jésus.
Trois jours après, sa résurrection témoignait de sa victoire.
Puis son ascension auprès du Père a rétabli sa gloire.
Entre apparence et réalité
À la croix, Jésus semble perdre sa vie et sa mission de Messie.
En réalité, il accomplit l'œuvre du salut que Dieu lui avait confiée.
Il marchait, obéissant et humble, dans le plan parfait de Dieu.
À un moindre niveau, mais de la même manière, la mort de Naboth n'est pas un échec.
Elle signe la victoire de sa détermination et de sa fidélité à Dieu.
Aux yeux du monde, Naboth perd sa vigne et sa vie.
Aux yeux de Dieu, il a gardé son intégrité.
Il pourrait dire :
"J'ai combattu le bon combat. J'ai gardé la foi. J'ai achevé la course". *
Je crois entendre Dieu lui dire :
"C'est bien, bon et fidèle serviteur. Tu as été fidèle en peu de choses. Je te confierai beaucoup. Entre dans la joie de ton Maître". *
Ce que la croix m'apprend
La croix m'apprend que la réussite n'est pas d'être applaudi, reconnu, honoré...
Mais c'est de faire la volonté de Dieu,
avec humilité et obéissance,
d'être là où Dieu veut que je sois,
d'accomplir les œuvres préparées d'avance pour moi.
Cette pensée rejoint l'enseignement de Jésus.
Les valeurs du Royaume
Pour nous, réussir sa vie rime avec affirmation de soi, prouver que nous avons raison, aiguiser nos arguments, recevoir la reconnaissance des pairs et leurs applaudissements...
Dans le Sermon sur la montagne, Jésus enseigne les valeurs du Royaume de Dieu :
le pardon, l'humilité, la bienveillance, la douceur, bénir nos offenseurs...
Autant de termes qui ne semblent pas aller avec le succès.
Pourtant, c'est cette attitude de cœur qui plaît à Dieu et qui amène sa faveur sur nos vies. C'est elle qui nous aide à rester précisément là où Dieu veut que nous soyons, fidèles au poste qu'il nous confie.
Naboth vivait dans un Royaume où les valeurs de Dieu étaient bafouées. Il aurait pu, pour son confort et sa sécurité, choisir de se couler dans le moule de Monsieur-tout-le-monde.
Mais il a choisi d'honorer les valeurs de son Dieu.
Et toi ?
Qui choisis-tu d'honorer ?
Quelles sont les valeurs que tu portes et pour lesquelles tu ne feras aucun compromis ?
La croix, pas plus que l'histoire de Naboth, ne font l'apologie de la souffrance ou du martyr, ni n'en font une règle.
Elles nous apprennent cependant que la victoire ne se situe pas toujours dans le visible.
Car il existe un trésor supérieur à tout ce que nous pourrions gagner ici-bas : l’héritage que Dieu nous a confié et que nous sommes appelées à chérir et à garder fidèlement.
Alors, pour quelle couronne cours-tu ? *
Quelles que soient tes circonstances, regarde au-delà de celles-ci.
Fixe tes regards sur la récompense glorieuse promise à ceux qui accomplissent la volonté du Père. *
Ne laisse pas les apparences te faire croire que ta vie est gâchée.
Tiens bon !
Ta victoire est assurée !
Références bibliques :
Achab - Matthieu 10.28-31
Assassin et voleur - Jean 10.10
La folie de la croix - 2 Timothée 4.7 ; Matthieu 25.23
Et toi ? - 1 Corinthiens 9.25 ; Matthieu 7.21
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