Quand un être cher manque

Publié le 23 décembre 2025 à 13:25

Texte de Bruno Picard

Ce jour, un ami s’en est allé. Mon cœur saigne …. Je le reverrai dans l’Éternité.

 

Quand quelqu’un nous précède, il ne laisse pas seulement un vide. Il laisse une manière d’être au monde qui manque soudainement.

 

Je ne sais pas toujours dire ce que fait une telle absence.

Je sais seulement qu’elle modifie le rythme du cœur.

On continue d’avancer, mais autrement. Avec un pas plus lent. Un silence plus présent.

 

La peine ne se manifeste pas toujours en larmes. 

Parfois, elle se glisse dans les gestes ordinaires. Dans une phrase qu’on n’enverra plus. Dans un rire que l’on attend encore. Dans un souvenir qui revient sans prévenir et qui serre doucement la poitrine.

 

La Bible ne nous demande pas d’être forts trop vite.

Elle ne nous reproche ni les larmes ni le chagrin.

Elle sait que l’amour véritable laisse une trace durable, et que l’absence n’est jamais légère quand la présence a compté.

 

Celui qui nous a précédés n’est pas effacé. 

Il a simplement franchi un seuil que nous n’avons pas encore traversé. Il est passé ailleurs, là où nos mots s’arrêtent, mais où l’espérance commence.

 

Je ne prétends pas comprendre ce mystère.

Je crois simplement que ce qui a été vécu dans la vérité ne se perd pas. La bonté donnée sans bruit, la joie partagée, la fidélité humble demeurent.

 

La présence change de forme.

Elle quitte nos yeux, mais elle continue de vivre autrement. Dans ce qui a été transmis. Dans ce qui a été semé. Dans ce que nous portons désormais, parfois sans nous en rendre compte.

 

Et pour ceux et celles qui vivent aujourd’hui avec une absence semblable, qu’il soit dit avec douceur et vérité : 

la douleur ne sera pas toujours aussi lourde. Elle ne disparaît pas, mais elle se transforme.

Un jour, la peine cessera d’écraser et commencera à accompagner. Le souvenir fera moins mal et deviendra davantage une présence intérieure. 

L’amour, lui, ne s’use pas. Il apprend une autre manière d’exister.

 

Il y a une paix discrète dans cette espérance qui nous tient. Une paix qui n’efface pas les larmes, mais qui murmure que la séparation n’aura pas le dernier mot. Que ceux qui nous précèdent reposent désormais là où la fatigue n’use plus, où la joie n’est plus menacée par le temps.

 

Alors aujourd’hui, au milieu du chagrin, nous disons merci.

Pour la vie partagée. Pour la trace laissée. Pour la lumière transmise.

 

Et nous confions ce qui nous dépasse à Celui qui connaît les commencements et les accomplissements.

 

À Jean, see you my friend.

Avec affection et prière, 

pour Martine, Sara et Tristan

 

Bruno Picard

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